samedi, 23 09, 2017

 Ville-de-Bagard.fr

A- A A+

Visite et découverte

 BAGARD est un petit village rural situé à 7 km d’Alès – 45 km de Nîmes et 65 km de Montpellier ; Il dépasse actuellement les 2500 habitants.

En bordure de la grande faille des Cévennes, les massifs calcaires sont situés sur les collines au Nord-Ouest de la commune, la plaine vallonnée au Sud, faisant partie du bassin d’effondrement d’Alès. 

Le village

Il fut construit sur l'enceinte d'un château fort ayant appartenu aux Templiers d'Alès et destiné sans doute à protéger la route d'Alès à Anduze.
De l'ancien château, il reste une tour d’angle rond au Sud-ouest et de beaux linteaux, parfois voûtés, en pierres de taille dans les caves des maisons sur le pourtour Sud..

Le village est pittoresque et certaines maisons présentent des caractéristiques intéressantes.


La Fontaine-lavoir

La fontaine - lavoir ajoute un charme un peu suranné à ce centre de la Commune, ainsi que la place ombragée de platanes...

 

L'Eglise Romane

L'église Romane du XIIème siècle est sans doute l'ancienne chapelle du château, mais pouvait servir de réduit défensif. Construite en pierres taillées dans le calcaire "bleu" local, elle est très sobre d'allure. Elle fut consacrée à St Saturnin. En partie ruinée, elle fut réparée en 1686, mais incendiée en 1702 par les Camisards, sa réfection fut assez maladroite. Quelques pierres tombales du cimetière qui l'entouraient ont pu servir à sa réparation. Récemment, l'intérieur a été rendu à sa pureté primitive.

L'Hospitalet

L’Hospitalet : l’origine remonte aux Templiers d’Alès puis devient une commanderie de l’ordre des Hospitaliers de St-Jean-de-Jérusalem (plus tard Ordre de Malte)

 

Le Monac

Ancienne propriété des Templiers ; au XIIIéme siècle léproserie puis couvent au XVIIIéme siècle, avant de devenir une exploitation agricole.

Depuis les temps antiques, les hommes se sont fixés de préférence sur des collines pour voir venir le danger et surtout dans des endroits où il y avait de l'eau. La terminaison « AC» de nombreux noms de lieux vient du mot latin« aqua».

Le Monac (ou Manac) a certainement été choisi au temps des Romains pour la construction de quelques" villas". Sa position sur une hauteur, avec une vue sur la plaine et surtout sa source (certains segments de la canalisation d'adduction d'eau sont en poterie très ancienne) le désignait pour cela.

Il ne subsiste rien de l' époque des Wisigoths en 470: les Sarrasins ont certainement mis à sac ce qu'ils considéraient comme un luxe dont ils n'avaient pas l'usage.

A l'abbaye de St-Gilles, on trouve dans les archives un acte de vente passé au 11ème siècle (1061) entre deux particuliers, acte rédigé en latin et indiquant la donation de la ferme de Monac à BAGARD de l'un à l'autre. Il est probable que le MONAC qui se trouvait un peu en dehors de l'axe routier (Vieille Route d'Anduze) a été acheté ou donné aux Templiers de l'Hospitalet qui y avaient installé au 13ème siècle une « Léproserie » (maladie amenée par les Croisés et qu'on ne savait pas guérir).

La partie Ouest des bâtiments portent dans les murs des pierres de différentes époques dont une datée de 1540. Ceci témoigne que ces murs ont été démolis et reconstruits avec les mêmes pierres plusieurs fois (Guerre des Albigeois, Guerre de Cent ans et Guerres de Religions) toutes causes ayant été bonnes pour défaire et massacrer.


Au 16 ème siècle, la culture du Ver à Soie va donner aux bâtiments plus d'ampleur et de beauté. Les bâtiments d'habitation sont construits à cette époque autour d'une cour intérieure et d'une fontaine alimentée par le surplus de la source. La plaque de la cheminée est datée de 1667.

Les archives municipales signalent la présence de la famille «MAZADE» peu après la révolution (1797 ou 1798). Cette famille a habité le Monac de cette époque jusqu'en 1922 date de la mort de Madame MAZADE Léopold, sans descendance. La présence de cette famille pendant si longtemps a permis l'entretien des bâtiments et des enjolivements (terrasses, jets d'eau, serres, arbres d'ornement). Ils ont tiré leurs revenus, sans doutes de la culture des vers à soie, de la Vigne, de l'Olivier, des Moutons et d'une tuilerie qui était installée le long du Carriol et dont les derniers vestiges ont été démolis quand on a refait le pont de la route sur le Carriol.

La Tour de Billot

camisardElle tient son nom de la famille consulaire d'Alès Bilhot, qui en avait la seigneurie au XIVe siècle. Elle appartient aux héritiers de Gervais Estienne, et au seigneur de Périés, Françoise de Bilhot et Jacques de Bilhot. La veuve de ce dernier, Eléonore d' Auriac donne au couvent des frères prêcheurs d'Alès, par acte de 1519, sa part du mas ou Tour de Bilhot à condition de n'en rien aliéner et de célébrer une messe de réquiem tous les mercredis, à perpétuité.

Gervais des Estienne fait hommage au comte d'Alès le 9 avril 1546 pour la métairie appelée le mas ou tour de Bilhot. Ses successeurs Robert de Faucon, mari d'Anne des Estienne, en janvier 1566, André des Pierres, fils et donataire d'Antoine,
seigneur de Bilhot et petit-fils d'Anne des Estienne renouvellent le 19 avril 1618 son homage, à genoux, tête découverte, sans ceinture, ni épée, ni éperons et tenant ses mains jointes entre celles de son suzerain. Le prieur des frères prêcheurs fit aussi un aveu le 12 mai 1760.

En 1703, une troupe de camisards commandée par Cavalier s'était repliée sur la tour de Bilhot, dont la situation lui avait parue avantageuse. Monsieur de Planque, inspecteur général des troupes du roi, l'attaque le 30 avril, avec le renfort de la milice d'Alès, au lever du jour. Cavalier, surpris à l'extérieur est complètement défait et s'enfuit dans les bois de Saint-Bénézet.

Des grenades, lancées à propos, mettent le feu à la tour de Billot et aux bâtiments voisins. Les défenseurs luttèrent en désespoir de cause. La plupart périrent par le fer ou dans les flammes. « Ils ne cédèrent, écrit la Baume, qu'après une résistance aussi vigoureuse qu'on l'eut pu attendre de bonnes troupes mal placées». Leurs pertes sont évaluées à trois cents victimes restées sur place ou davantage suivant certaines estimations. Les troupes royales eurent huit officiers et douze soldats tués et de nombreux blessés.

Le syndic des frères prêcheurs fera plus tard une demande d'indemnité à l'intendant «pour que la métairie fût reconstruite aux frais des habitants de Bagard comme ayant donné asile aux fanatiques». Henri Bosc consacre plusieurs pages au récit de la prise de la tour de Bilhot, dans la Guerre des Cévennes

(Archives du Gard H 832 à 835 ).

LA TOUR DE BILHOT 
(Histoire des Camisards Eugène BONNEMERE)

Désireux de redescendre dans la plaine, CAVALIER avait convoqué une Assemblée dans la vallée de Malle-Bruisse, où il fit trois prédications dans la journée. Le soir venu, épuisé de fatigue et de faim, ils se retirèrent à La Tour de Billot entre Alais (Alès) et Anduze.


Le secret de leur retraite fut livré par un meunier du nom sinistre de Guignon. Ce misérable qui avait su tromper le jeune chef cévenol par des démonstrations de piété exaltée s'était jusque là utilement employé à la subsistance des Camisards. Mais il se laissa séduire par l'appât de cent louis qui lui furent comptés par BAVILLE et Montrevel arrivés à la ville d'Alais. De Planque divisa sa petite armée en trois corps de troupes. Le premier commandé par de TARNAUD se rendit auprès de La Tour de Billot en passant par le haut chemin d'Anduze, le deuxième sur la conduite de FOIX attendait les fuyards le long du Gardon; De PLANQUE à la tête du 3ème se rendit à La Tour par un autre chemin. Cette triple attaque était bien plus que suffisante pour détruire une poignée d'hommes surpris dans leur sommeil et harassés de lassitude.


Les sentinelles se replièrent en désordre sur le Camp des Enfants de Dieu, poursuivies de près par les catholiques et l'égorgement commença. Il ne fallait pas songer à une défense impossible. Cavalier rallia de son mieux ses compagnons et ne pensa qu'à la retraite. Quelques uns sortent de La Tour et tentent de repousser les nuées des assaillants. D'autres ne pouvant sortir assez vite tirent par les fenêtres , percent les murailles et dans les ténèbres, chacun fait feu au hasard, tirant indifféremment amis ou ennemis. Ce fut une scène de désordre impossible à décrire. Le jour commençait à paraître. CAVALIER, la rage et la douleur dans l'âme se retira laissant dans la Tour trois cents des siens qui se défendirent jusqu'au dernier. Désespérant de les réduire, de Planque avait envoyé chercher de l'artillerie laissée à ALAIS. La grêle des grenades qu'en attendant on ne cessait de faire pleuvoir sur les assiégés, finit par y mettre le feu, sans mettre encore un terme à cette lutte désespérée. Ils savaient que la roue ou le bûcher les attendaient s'ils tombaient vivants entre les mains des vainqueurs. Ils préférèrent se laisser brûler en se défendant, puisque du moins cette mort affreuse n'était pas sans vengeance, et que les affres en étaient voilées par l'ardeur du combat.


29 Avril 1703 Eugène BONNEMERE
(Histoire des Camisards)

 

Le Temple

Il a été édifié sur décision du conseil municipal par un vote à l'unanimité en séance du 30 décembre 1856

Cette assemblée n'ayant pas les fonds nécessaires sollicite le gouvernement de sa majesté impériale qui lui octroie une somme de 4600 francs permettant ainsi sa construction en 1863.

Bagard au 16ème siècle est un lieu entièrement Calviniste et aujourd'hui encore les protestants y sont nombreux.  Le cadre est charmant, au milieu des vignes, avec son allée de platanes et surtout le magnifique pin d'Alep qui borde la route.

En 2010, le temple de BAGARD à fêté son 150ème anniversaire. Pour l'occasion il a été totalement rénové

 

Le Château Chirac

Il se situe dans la grande plaine, sur la rive droite du Gardon, au sortir de Bagard en empruntant la D246, autrefois connu sous le nom de mas de Girac. La mention du château apparaît seulement au XVIIe siècle. Il appartient alors à Louis de Sollier, seigneur de Bagard qui possède aussi Blattiers et la Tour-de-Billot.

Sa fille le porte en 1651 en mariage à Arnaud de Boisson, natif de Nîmes, conservé dans cette famille, puis à leurs descendants d' Azémar ou Adhémar XVIIIe-XIXe siècles. .
Les parties anciennes du mas sont visibles au nord dans l'actuelle salle de dégustation du domaine viticole. A signaler quelques meurtrières donnant dans une salle voûtée.
Le bâtiment principal est au sud, dominé en son centre par une tour pigeonnier, avec aspect classique par la symétrie de ses ouvertures. L'ensemble date du XIXe siècle.

 

Bagard en Images...